Le Jardin Sec de Sparoza, Athènes, Grèce.
Le jardin de Sparoza, situé à Peania près d’Athènes, est un lieu unique d’expérimentation face à la sécheresse croissante en Europe du Sud.
En 1969, la Britannique Jacky Tyrwhitt crée ce jardin sur un sol rocheux et aride, en choisissant de composer avec le climat plutôt que de le combattre. Elle privilégie des plantes méditerranéennes adaptées à la sécheresse — lavandes, cistes, phlomis, cyclamens, crocus — et des espèces venues de régions similaires.
Grâce à ce choix, le jardin reste intéressant toute l’année, même en été. Les plantations sont modestes, faites à la main, avec compost et arrosage minimal, favorisant un enracinement profond.
À sa mort en 1983, Tyrwhitt lègue Sparoza au musée Goulandris. Des jardiniers le maintiennent avant que Sally Razelou ne prenne le relais. Elle fonde la Mediterranean Garden Society (MGS), faisant de Sparoza un centre d’échanges et d’expérimentations botaniques.
Une banque de graines est créée et le jardin s’enrichit progressivement. En 2020, Lucie Willan rejoint l’équipe, assurant la troisième génération de jardinières.
Le site compte aujourd’hui seize espaces, notamment les terrasses, riches en diversité botanique, et le phrygana, zone semi-autonome rappelant la garrigue crétoise.
Face au réchauffement climatique, le jardin évolue : Sally avait introduit des plantes de régions arides comme le Mexique ou l’Afrique du Sud. Lucie observe aujourd’hui des saisons plus instables mais une floraison plus variée.
Sparoza continue de se transformer : la piscine d’origine est devenue un bassin écologique et certaines zones sont dédiées aux espèces locales.
Lieu de transmission, d’innovation écologique et d’observation des plantes face au climat, Sparoza est devenu une référence internationale pour le jardinage méditerranéen durable.